mercredi 14 avril 2021

Avril 2021

 Fidélité dans la Charité


« Deux des disciples allaient le même jour à un village nommé Emmaüs qui est à soixante stade de Jérusalem, et ils se parlaient l’un à l’autre des choses qui étaient arrivées.  Voilà que tandis qu’ils s’entretenaient ensemble, Jésus s’approchant marcha avec eux ;  mais pour eux, leurs yeux étaient recouverts d'un voile, en sorte qu'ils ne le reconnaissaient point, et Il leur dit: Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et pourquoi êtes-vous tristes? »

 Ainsi que la suite de cet Evangile le fait voir, les disciples avaient perdu toute foi en leur divin maître, mais ils n'avaient pas perdu  tout amour; ils se plaisaient à s'en entretenir  encore; et le souvenir de ses douleurs, de ses miracles et de ses enseignements, faisait le sujet de leurs discours; ils regrettaient  amèrement celui en qui ils n’espéraient plus. Ce fut cependant à cause de ce manque de foi, que le voyant de leurs yeux de chair, il ne leur fut pas donné de le reconnaître des yeux de l’esprit : Oculi eorum tenebantur ne eum agnoscerent.  Or, Jésus, toujours prêt à prévenir les cœurs dans lesquels il reste encore quelque étincelle de la divine charité, s’approcha d’eux, marchant  avec eux. Lorsque nous marchons tristement sur le chemin de cette vie, lorsque l'espérance et la foi semblent s’éteindre dans nos âmes,  ô mes frères!  entretenons-nous encore de Jésus !  Faisons comme les disciples qui, accablés de tristesse, n'avaient cependant point d'autre entretien: Loquebantur ad invicem. N'en doutons pas, le Sauveur viendra, la force s'approchera de la faiblesse, la grâce céleste vous interrogera : Quid estis tristes?  Et en nous interrogeant, elle nous consolera, elle nous soutiendra en venant à nous, elle abrégera, elle adoucira la route, se joignant à nous pour la faire avec  nous: Appropinquans, ibat cum illis !

Vie de Jésus-Christ

Ludolphe Le Chartreux

 

Résolution :

A l’image des disciples d’Emmaüs, gardons toujours la Charité, l’amour de Dieu, malgré les difficultés de toutes sortes.  Dieu ne manquera pas de nous secourir, pour autant que notre cœur soit prêt à L’écouter !

 

 

mercredi 17 février 2021

CAREME 2021

La Charité est missionnaire


Etre missionnaire, ce n'est pas avant tout s'activer à mon service, c'est d'abord mettre en œuvre l'efficacité concrète de Ma présence rédemptrice.  Tu ne vois guère, tant que tu es sur terre, le résultat de cette oblation missionnaire.  C'est pour ménager l'humilité nécessaire du véritable apôtre et aussi parce que c'est dans la Foi nue que s'exerce cette action profonde, mais, crois-le bien, c'est ainsi que s'opèrent, à l'intime des cœurs, les bouleversements de ma grâce, les conversions inattendues, et que s'acquièrent pour les travaux des apôtres les bénédictions qui les fécondent.  

Quand le Seigneur parle au cœur

Père Gaston Courtois (p 155)


Résolution

En ce temps du Carême, méditons quotidiennement sur la Passion de Notre-Seigneur pour "mettre en œuvre Sa présence rédemptrice" .  Nous avons beaucoup d'ouvrages à notre disposition pour nous y aider (Les Evangiles; La Passion selon le chirurgien; La Passion de Jésus-Christ (extraits de L'Appel à l'amour de Sœur Josefa) ... )

lundi 9 novembre 2020

NOVEMBRE 2020

 Charité envers les âmes du Purgatoire



Sainte Gertrude offrait toutes ses journées à Dieu, multipliait ses prières, bonnes œuvres, aumônes, mortifications, etc., pour le soulagement des âmes du purgatoire. Jésus-Christ lui fit plusieurs fois connaître les âmes qui en avaient le plus besoin. Alors, elle redoublait, pour elles, de prières et de pénitences. Souvent ces âmes lui apparaissaient en quittant le purgatoire, et la comblaient de bénédictions. Elle arriva ainsi à la vieillesse.

Couchée sur son lit de mort, le démon chercha à lui faire croire qu'elle n'avait délivré tant d'âmes du purgatoire, que pour aller prendre leur place, puisqu'elle leur avait donné tous ses mérites satisfactoires et n'avait rien gardé pour elle. Elle commença à se lamenter: 

"Oh ! Que je suis malheureuse, se disait-elle! Dans peu d'instants, je vais mourir, je vais rendre de toute ma vie le compte le plus rigoureux. Comment pourrais-je être délivrée du purgatoire, puisque je n'ai rien gardé de tous mes mérites? Mon Dieu, permettrez-vous que j'aie un long et terrible purgatoire, parce que j'aurai été trop généreuse envers les défunts?" 
Au même moment, elle voit Notre-Seigneur qui lui demande: 

"Pourquoi donc es-tu si triste ? 

- Seigneur, répond-elle, je crains de mourir et d'aller longtemps au lieu de l'expiation, parce que j'ai donné tous mes mérites satisfactoires aux âmes du purgatoire, comme vous le savez bien. 

- Ma fille, lui dit Notre-Seigneur, en souriant, afin que tu saches combien ta charité envers ces âmes m'a été agréable, je t'annonce que tu ne passeras pas par le purgatoire. De plus, comme j'ai promis cent pour un à tous ceux qui me servent, j'augmenterai d'autant ta gloire au ciel que tu as secouru les défunts. Toutes les âmes que tu as soulagées viendront à ta rencontre et t'introduiront dans le paradis, au milieu de leurs cantiques de joie." 

La sainte ne pouvait se contenir de joie à cette divine assurance. Elle eut а peine le temps de faire connaître cette heureuse nouvelle à ses sœurs, qu'elle expira le sourire sur les lèvres, les yeux animés d'une clarté merveilleuse, comme une prédestinée qui ne doute point de son salut. Si donc nous voulons mourir en prédestinés et être grandement soulagés en purgatoire, prions pour les pauvres défunts. C'est si facile de le faire: nous n'avons qu'à le vouloir. 
MJS Benoit : Livre d'or des âmes du purgatoire
74ième apparition 

Résolution :

Ne négligeons aucun effort , en ce mois de novembre, pour délivrer les âmes du Purgatoire !  Notre-Seigneur Lui-même nous a révélé à quel point ces actes de Charité Lui étaient agréables.

dimanche 4 octobre 2020

OCTOBRE 2020

Face à l'antipathie ou l'agacement ...


Entrée au Carmel, la Servante de Dieu cherchait toutes les occasions de rendre service aux sœurs par mille petits actes de vertu cachée, et quand une terrible épidémie d'influenza sévit sur le Carmel de Lisieux, restée une des seules valides, elle multipliait ses soins auprès des malades et des mourantes. Elle s'étudie sans cesse à pénétrer ce que Notre-Seigneur appelle son commandement nouveau, pour rendre sa charité plus surnaturelle et la mieux pratiquer. Jésus m'a fait connaître sa volonté « lorsque à la dernière Cène il donna son commandement nouveau, quand il dit à ses apôtres de s'entr'aimer comme il les a aimés lui-même... Et je me suis mise à rechercher comment Jésus avait aimé ses disciples; j'ai vu que ce n'était pas pour leurs qualités naturelles, j'ai constaté qu'ils étaient ignorants et remplis de pensées terrestres. Cependant, il les appelle ses amis, ses frères; il désire les avoir près de lui dans le royaume de son Père et pour leur ouvrir ce royaume, il veut mourir sur la croix, disant qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. J'ai vu - dit-elle combien mon amour pour mes sœurs était imparfait, j'ai compris que je ne les aimais pas comme Jésus les aime. Ah! je devine maintenant que la vraie charité consiste à supporter tous les défauts du prochain, à ne pas s'étonner de ses faiblesses, à s'édifier de ses moindres vertus; mais surtout, j'ai appris que la charité ne doit point rester enfermée dans le fond du cœur, car personne n'allume un flambeau pour le mettre sous le boisseau, mais on le met sur le chandelier afin qu'il éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Il me semble, ma mère, que ce flambeau représente la charité qui doit éclairer, réjouir, non seulement ceux qui me sont le plus chers, mais tous ceux qui sont dans la maison. Et elle s'y donnait tout entière » - MSC 11,2-12,1 

Elle dit encore: « Oui, je le sens, lorsque je suis charitable, c'est Jésus seul qui agit en moi; plus je suis unie à lui, plus aussi j'aime toutes mes sœurs. Si je veux augmenter en mon cœur cet amour et que le démon essaie de me mettre devant les yeux les défauts de telle ou telle sœur, je m'empresse de rechercher ses vertus, ses bons désirs; je me dis que, si je l'ai vue tomber une fois, elle peut bien avoir remporté un grand nombre de victoires qu'elle cache par humilité; et que, même ce qui me paraît une faute peut très bien être, à cause de l'intention, un acte de vertu. J'ai d'autant moins de peine à me le persuader que j'en fis l'expérience par moi-même. Un jour, pendant la récréation, la portière vint demander une sœur pour une besogne qu'elle désigna. J'avais un désir d'enfant de m'employer à ce travail, et justement le choix tomba sur moi. Aussitôt je commence à plier notre ouvrage, mais assez doucement pour que ma voisine ait plié le sien avant moi, car je savais la réjouir en lui laissant prendre ma place. La sœur qui demandait de l'aide, me voyant si peu pressée, dit en riant: « Ah! je pensais bien que vous ne mettriez pas cette perle à votre couronne, vous alliez trop lentement !. Et toute la communauté crut que j'avais agi par nature » - MSC 12,2-13,1 - .» 

Elle raconte ainsi son triomphe sur une antipathie naturelle:

« Une sainte religieuse de la communauté avait autrefois le talent de me déplaire en tout; le démon s'en mêlait, car c'était lui certainement qui me faisait voir en elle tant de côtés désagréables; aussi, ne voulant pas céder à l'antipathie naturelle que j'éprouvais, je me dis que la charité ne devait pas seulement consister dans les sentiments, mais se laisser voir dans les œuvres. Alors je m'appliquai à faire pour cette sœur ce que j'aurais fait pour la personne que j'aime le plus. A chaque fois que je la rencontrais, je priais le bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. je sentais bien que cela réjouissait grandement mon Jésus; car il n'est pas d'artiste qui n'aime à recevoir des louanges de ses œuvres, et le divin Artiste des âmes est heureux lorsqu'on ne s'arrête pas à l'extérieur, mais que, pénétrant jusqu'au sanctuaire intime qu'il s'est choisi pour demeure, on en admire la beauté. je ne me contentais pas de prier beaucoup pour celle qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles; et quand j'avais la tentation de lui répondre d'une façon désagréable, je m'empressais de lui faire un aimable sourire, essayant de détourner la conversation; car il est dit dans l'Imitation: 'Qu'il vaut mieux laisser chacun dans son sentiment que de s'arrêter à contester' (liv. 3, ch. 44, 1). Souvent aussi, quand le démon me tentait violemment et que je pouvais m'esquiver sans qu'elle s'aperçût de ma lutte intime, je m'enfuyais comme un soldat déserteur. Et sur ces entrefaites, elle me dit un jour d'un air radieux: 'Ma sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, voudriez-vous me confier ce qui vous attire tant vers moi? Je ne vous rencontre pas que vous ne me fassiez le plus gracieux sourire'. Ah! ce qui m'attirait, c'était Jésus caché au fond de son âme, Jésus qui rend doux ce qu'il y a de plus amer! » - MSC 13,2-14,1 - .» 

Souvent, il fallait lutter avec énergie, il y avait un vrai combat pour dominer sa nature, elle raconte plusieurs traits comme celui-ci: « Longtemps, à l'oraison, je ne fus pas éloignée d'une sœur, qui ne cessait de remuer, ou son chapelet, ou je ne sais quelle autre chose; peut-être n'y avait-il que moi à l'entendre, car j'ai l'oreille extrêmement fine; mais dire la fatigue que j'en éprouvais serait chose impossible! J'aurais voulu tourner la tête pour regarder la coupable et faire cesser son tapage; cependant, au fond du cœur, je sentis qu'il valait mieux souffrir cela patiemment pour l'amour du bon Dieu d'abord, et puis aussi pour éviter une occasion de peine » - MSC 30,1-2 - . Malgré la sensibilité de sa nature la Servante de Dieu conserva toujours la douceur et ses manières charitables; si quelqu'une lui avait fait de la peine, on ne surprit jamais chez elle aucune marque de froideur, elle redoublait au contraire de prévenances et d'attention.

Résolution

Sainte Thérèse avait une idée tellement haute de la Charité (lorsque je suis charitable, c'est Jésus seul qui agit en moi) qu'elle arriva à surmonter des antipathies ou des impatiences.  N'avons-nous rien à faire en la matière ?

samedi 5 septembre 2020

SEPTEMBRE 2020

Les liens de la Charité

Quand un de vos semblables vous demande un peu de bien, ne lui demandez pas qui il est. Donnez-lui le bien qu'il demande. Ce bien l'unira à vous et, grâce à mon amour qui est en vous, je l'unirai à moi. C'est moi qui envoie les hommes pour vous demander du bien et de l'amour afin de les rapporter à moi, à mon cœur, à travers cette partie de moi qui est en vous. N'abandonnez jamais tous ceux que je vous envoie parce qu'ils font partie de vous, parce que je serai vous en eux grâce à l'amour que vous avez su leur donner. C'est moi qui ai voulu vous unir pour vous lier plus solidement à mon cœur. Vous formez un tout en moi.

La perte de l'un d'eux est une diminution de vous-mêmes. Le lien qui vous unit est invisible pour vos yeux. Ce lien est ici, dans mon cœur. L'amour est unique. Et vous êtes uniques parce que vous participez à la joie infinie renfermée dans mon cœur, qui deviendra le vôtre.

Pour moi, rien n'est grave ! Il n'y a que votre séparation qui est grave. Si vous désirez m'aimer, vous ne pouvez pas vous séparer. Je ne peux pas diviser mon cœur. Et vous, pour y entrer, pour avoir le droit d'y entrer, vous devez absolument être unis. Vous séparer, c'est rendre l'union avec moi impossible car le Cœur est unique.  Soyez dociles et bienveillants entre vous, aidez-vous et corrigez-vous mutuellement, mais ne vous séparez jamais.

Votre union est ma joie. Je vous comblerai de grâces pour vous récompenser du zèle que vous mettrez à vous aimer et à ne jamais vous séparer. Quand l'un de vous est tenté d'éloigner l'autre, moi j'interviens directement. J'interviens avec toute mon énergie pour l'en empêcher. Telle est ma volonté : que chacun de vous fasse un petit pas vers l'autre et moi je ferai agir la puissance de mon cœur.

Quand vous êtes éloignés, souvenez-vous les uns des autres de manière à me faire vivre en vous. Je serai toujours parmi vous à condition que vous vous aidiez pour vous unir toujours davantage. N'ayez pas peur de celui qui veut s'éloigner de vous. Votre amour pour lui vous fera vaincre tous les obstacles.

C'est ma volonté qui agit dans votre désir d'aimer et elle est plus forte que toute autre résistance. Continuez à désirer l'union et l'amour, même s'il tente de se dérober. Moi je connais les voies pour vous ramener le fugitif. Il ne pourra pas fuir et je vous dirai pourquoi.

C’est moi qui ai choisi l'homme que je vous ai envoyé. Vous l’avez ramené à mon cœur : cet homme y est désormais attaché par des fils invisibles. Votre volonté maintient le contact de ces fils avec mon cœur. Grâce à ces fils, je garde des contacts avec celui qui tente de fuir, avec celui qui veut repartir. Mes rapports avec lui le tourmentent et le tourmenteront jusqu'à ce qu'il reconnaisse spontanément avoir failli au pacte d'union établi avec vous et avec moi. Je défends vos droits sur ceux que vous avez aimés et qui ont tenté de vous fuir. En vous fuyant, ils m'ont fui. Appelez-moi à l'aide quand vous vous sentez impuissants. J’interviendrai immédiatement en votre faveur parce que je veux que vous soyez unis. Vous unir entre vous, c’est vous unir à moi. Vous détacher, c’est vous détacher de moi.

L.Gaspari

Cahier de l’Amour p 21 à 23

Résolution :

Gardons des contacts réguliers (visites, courriers, téléphone…) avec ceux que la Charité nous a fait aimer.



samedi 8 août 2020

AOÛT 2020

L'ordre de la Charité

Dans le contexte actuel, il nous sera plus utile que jamais de replacer nos contacts avec chaque personne dans l'ordre de la charité.  Nous étudierons et méditerons ce texte de Monseigneur Williamson, et chacun y trouvera ce qu'il peut "améliorer".





Numéro CDXXV (425)

Souvent notre monde de mensonges nous dit : « le noir est blanc ».
En mesurant selon Dieu, les Catholiques mesurent bien.


Que pense l’Église catholique du « racisme » ou de l’ « antisémitisme » ou du « sexisme » ou encore de l’« homophobie », et ainsi de suite ? Dans une société libérale où tout le monde doit être gentil envers tout le monde, n’est-il pas surprenant à quel point le « politiquement correct » semble régulièrement nous présenter une nouvelle classe de gens à détester par tous ? L’Église catholique, suivant son divin Maître, enseigne d’aimer son prochain et de ne haïr personne, mais elle ne dit pas d’aimer son prochain sans distinction. Voyons comment un grand théologien catholique met de l’ordre et de la discrimination dans notre amour pour Dieu et pour le prochain. Voici un survol des treize articles de la Somme Théologique de St Thomas, 2a 2ae, Question 26 :

1. La charité est ordonnée car elle est une amitié surnaturelle dans la béatitude éternelle, béatitude qui a pour principe Dieu, et partout où des choses découlent d’un principe, il y a un ordre ( notez comment le Catholique rapporte immédiatement à Dieu une question majeure. Que serait pour les libéraux le principe de leur « gentillesse » ? La haine des Nazis ? Sérieusement . . . ).

2. La charité doit aimer Dieu plus que le prochain car la charité est une amitié dans la béatitude, et toute béatitude pour moi-même ou pour mon prochain a son principe en Dieu ( où les libéraux placent-ils le principe de leur bonheur ? Dans l’épanouissement personnel ? Dans les autres hommes ? Selon toute vraisemblance, ce ne sont là que des formes appauvries de bonheur ).

3. Dieu doit être aimé plus que soi-même car toutes les créatures (pas dénaturées), chacune à sa façon, aiment naturellement le Bien commun avant leur propre bien, et Dieu est le Bien commun, et naturel et surnaturel, de tous.

4. Le soi spirituel (N de Rec : partie la plus haute de l'âme) doit être plus aimé que le prochain spirituel car je suis plus proche de moi-même que je ne le suis de mon prochain [en sorte que si je ne m’aime pas moi-même (spirituellement), il est peu probable que j’aime mon prochain]. Mais –

5. Le prochain spirituel doit être aimé plus que le moi corporel, c’est-à-dire que mon propre corps, car l’esprit est au-dessus du corps, parce que l’esprit participe directement à la béatitude, tandis que le corps n’y participe qu’indirectement (à travers l’esprit).

6. Il y a des semblables qui doivent être aimés plus que d’autres, car ils diffèrent dans leur proximité à l’un ou à l’autre des deux pôles de la charité, l’un (objectif) étant Dieu, l’autre (subjectif) étant moi-même. Les saints sont plus proches de Dieu, les prochains de moi-même.

7. Objectivement, les saints seront plus aimés que les prochains, mais subjectivement, les parents seront aimés plus intensément que les saints, car de différentes façons ils nous sont plus proches – proverbe anglais, « La charité commence à la maison ».

8. Essentiellement, les personnes du même sang seront plus aimées que celles qui ne le sont pas, car les liens de sang sont naturels, fixés et substantiels. Mais il peut arriver que d’autres liens d’amitié soient plus forts.

9. Objectivement, les parents doivent être plus aimés que les enfants, car en tant que principes de la vie et de multiples bienfaits, les parents sont plus proches de Dieu, mais subjectivement les enfants sont plus proches de nous pour plusieurs raisons.

10. Le père devrait être aimé plus que la mère, en tant que tel, car du rôle de chacun dans le don de la vie, le père est formel et actif alors que la mère est matérielle ( maternelle ) et passive (St Thomas écrivait à propos d’ êtres humains alors normaux et pas dénaturés comme ils le sont aujourd’hui).

11. Objectivement, les parents doivent être aimés plus que l’épouse, car en tant que principes de la vie et de multiples bienfaits, ils sont plus proches de Dieu, mais subjectivement l’épouse, qui fait « une chair » avec son mari, doit être plus aimée.

12. Objectivement, quelqu’un qui nous fait du bien doit être aimé plus que celui à qui nous faisons du bien, car il est principe de bien pour nous, mais de par la proximité subjective nous aimons plus celui à qui nous faisons du bien, pour diverses raisons, par exemple, « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

13. Il y aura toujours un ordre de la charité au Ciel, en particulier l’amour de Dieu par-dessus tout. De plus, le classement objectif du prochain par sa proximité de Dieu comptera plus Là-Haut qu’ici-bas sur terre.

« Racisme » ? – quelles races sont plus proches de Dieu, ou de moi ? Elles ne sont pas toutes pareilles. « Antisémitisme » ? – les « Sémites » sont-ils amis ou ennemis de Dieu ? « Sexisme » ? – est-ce que les femmes d’aujourd’hui m’aident ou m’empêchent de m’approcher de Dieu ? « Homophobie » ? – les « homos » où en sont-ils par rapport à Dieu ?

Kyrie eleison.

mercredi 1 juillet 2020

JUILLET 2020



La fausse charité libérale

Nous terminons la reproduction de la conférence de Mgr Lefebvre (Lettre des Dominicains d’Avrillé n°37 – Mars 2006)

Les libéraux voudraient une charité large, sans contraintes, qui laisse libre de faire tout ce qu'on veut.

Sans doute, Dieu nous a créés libres. Toutefois nous ne sommes pas libres de choisir notre fin, mais seulement les moyens qui conduisent à notre fin.

Toute créature a une fin : la plante est faite pour sa fleur, pour son fruit, pour la graine qui va descendre et qui va reproduire ; les oiseaux avec un instinct parfait vont préparer  leur petit nid.

Et nous, les hommes, qui sommes intelligents, nous disons: «Non! Je ne veux pas, je ne veux pas être obligé d'atteindre une fin ! » Si vous ne voulez pas atteindre la fin, comme la fin c'est le bonheur, eh bien! vous aurez votre malheur, c'est tout!

C'est Dieu qui nous a imposé notre fin. Mais à la différence des plantes et des animaux qui atteignent leur fin en suivant des lois physiques ou leurs instincts, avec une contrainte physique, nous avons le choix des moyens: nous agissons en suivant une loi morale, avec une contrainte morale. Nous sommes libres de choisir les moyens, mais obligés moralement de choisir ceux qui nous conduisent à notre fin : la vérité, la vertu, etc.

Mais le libéral ne veut pas de cette contrainte morale. Il veut être libre!  Aussi n'a-t-il pas la vraie charité. Continuons de citer l'abbé Roussel :

Aime-t-il Dieu par-dessus toutes choses, le « catholique-libéral » qui méconnaît sa vérité et fait si bon marché de ses droits imprescriptibles? Aime-t-il son prochain quand il ne s'emploie pas de toutes ses forces à le tirer de l'erreur, à lui faire l'aumône d'un peu de vérité surnaturelle? Est-ce vraiment aimer un malade que de lui voiler son mal au lieu de le guérir? Est-ce vraiment avoir pitié des âmes que de taire, pour ne pas les froisser, les vérités un peu rudes qui seules pourraient les réveiller et les sauver ? …   Non, la charité du « catholique-libéral» est mal ordonnée, quand elle n'est pas déformée.  Il est plus «charitain » que charitable, car s'il est tout miel avec l'incroyant, il est tout fiel avec le [vrai] catholique.

Tout fiel avec le vrai catholique : La fausse charité libérale ne peut supporter la vraie charité catholique (1). Si nous gardons la Tradition, on nous critiquera: « Oh ! Ils veulent donner des leçons aux autres, ils se croient ceci, ils se croient cela, ils se croient plus vertueux que les autres, ils s'imaginent qu'ils sont plus parfaits que les autres, etc. »

Nous n'y pouvons rien!  Nous estimons qu'il y a une doctrine, qu'il y a une vertu, qu'il y a une manière de se conduire dans la vie chrétienne, nous essayons dans la mesure du possible, dans la mesure de nos petits moyens, dans la mesure de la grâce du bon Dieu, de garder la vie chrétienne, de garder la Tradition. Évidemment, cela condamne ceux qui sont contre la Tradition. Alors, ils s'énervent contre nous, sous prétexte que nous avons l'air de gens qui se croient meilleurs que les autres.

Nous ne nous croyons pas meilleurs que les autres, mais la vérité est meilleure que l'erreur. Nous n'y pouvons rien, c'est comme ça. La vertu est meilleure que le vice. Nous n'y pouvons rien.

Ce n'est pas nous que nous défendons, c'est le bon Dieu! C'est Lui qui est la vertu, c'est Lui qui est la vérité. Nous, nous essayons dans toute la mesure du possible de suivre Notre-Seigneur, de suivre le bon Dieu, dans la vérité, dans la vertu. Cela ne dépend pas de nous ! Nous ne sommes pas libres d'aimer la vertu ou d'aimer la vérité.
Tout miel avec l'incroyant : Voyez l'attitude de l'Église conciliaire avec les ennemis de l'Église, avec les juifs qui refusent Notre-Seigneur, avec les musulmans qui massacrent les catholiques, etc.

Laisser le prochain dans l'erreur et le vice, sous prétexte de liberté, même de liberté religieuse comme le veut Vatican II, ce n'est pas l'aimer.

C'est comme si un docteur disait à son malade: « Mais non, mais non, vous n'êtes pas malade, ce n'est pas grave ce que vous avez. Ce n'est pas la peine de vous soigner, pas la peine de croire que vous êtes malade. » Il laisse le malade dans sa maladie et ne le soigne pas.

Un bon médecin dira: «Vous êtes malade, il faut que je vous soigne. On va vous donner des médicaments qui vont peut-être vous faire souffrir, mais si vous voulez que je vous soigne, si vous voulez que je vous rende la santé, je suis bien obligé d'en passer par là. » C'est lui qui aime vraiment son malade.

Celui qui dit : « Ce n’est pas grave, vous reviendrez une autre fois » et qui laisse son malade dans sa maladie n’aime pas son prochain : c’est clair ! 

Nous sommes donc placés devant un choix :
-soit la vraie charité, la charité de la vérité, celle qui vient du Saint-Esprit, l’Esprit de vérité qui procède du Fils-Vérité,
-soit la fausse charité, la charité libérale qui vient du diable, fidèle à sa devise : « Non serviam, je ne servirai pas. »

Saint Paul a prédit qu’au temps de l’Antéchrist, les hommes ne voudraient plus de la charité de la vérité qui peut les sauver : « Caritatem veritatis nn receperunt ut salvi fierent » (2 Th 2, 10).  Que la très sainte Vierge, Mère du bel amour, nous conserve dans la vraie charité en ces heures troublées !

(1) - Remarquons bien que le seul évêque qui a été excommunié (par la Rome conciliaire), qui est mort excommunié, qui est toujours excommunié, c'est précisément Mgr Lefebvre (et Mgr de Castro Mayer pour l'avoir suivi), lui qui avait pour devise: credidimus caritati, nous croyons à la charité (à la vraie charité).

Résolution

En ce mois de juillet, nous honorons tout particulièrement le Précieux Sang de notre Divin Sauveur,  qui n’a pas hésité à verser tout Son sang pour nous.  Pour notre part, n’avons-nous pas parfois tendance à édulcorer la Vérité … pour « ne pas faire mal », sous prétexte de Charité … fausse charité libérale ?  De cette  manière, imitons-nous notre doux Sauveur ?