dimanche 6 janvier 2019

JANVIER 2019

La Sainte Messe et la Charité



" La présence des fidèles à notre messe traditionnelle n’est pas une finalité, la foi aux vérités dogmatiques ne l’est pas non plus ; ce qui compte c’est la foi qui opère par la charité et conduit à la charité pour Dieu et à la charité fraternelle. " 
R.P. Eugène de Villeurbanne




En janvier 1791, époque où la Constitution civile entra en vigueur dans le Lyonnais, Jean-Marie Vianney n'avait pas encore cinq ans. Messire Jacques Rey, curé de Dardilly depuis trente-neuf ans, eut la faiblesse de prêter le serment schismatique.  Mais, si l'on en croit les traditions locales, éclairé par l'exemple de son vicaire et des confrères voisins qui avaient refusé ce serment, il ne tarda pas à comprendre et à réprouver sa faute. Il demeura quelque temps encore dans sa paroisse, célébrant la messe dans une  maison particulière, puis il se retira а Lyon. Il devait s'exiler plus tard en Italie.

Si la disparition de M. Rey ne passa pas inaperçue, Dardilly n'en fut pas troublé au point que l'on pourrait croire. L'église demeurait ouverte, car un autre curé était venu, envoyé par le nouvel évêque de Lyon, un certain M. Lamourette, ami de Mirabeau, que la Constituante avait installé, sans mandat de Rome, en lieu et place du vénéré Mgr de Marbeuf. Le nouveau curé comme le nouvel évêque avaient bien prêté le serment ; mais comment les bonnes gens de Dardilly eussent-ils soupçonné que la Constitution civile, dont ils ignoraient peut-être même le nom, menait au schisme et à l'hérésie? Rien n'était changé extérieurement ni aux cérémonies ni aux coutumes paroissiales. Ces simples de cœur assistèrent quelque temps sans scrupule à la messe du « prêtre jureur». Ainsi agirent avec une entière bonne foi Matthieu Vianney, sa femme et ses enfants.

Toutefois leurs yeux s'ouvrirent. Catherine, l'aînée des filles, bien qu'elle n'eût à cette époque qu'une douzaine d'années, fut la première à soupçonner le péril. En chaire, le nouveau pasteur ne parlait pas tout à fait comme M. Rey ni sur les mêmes sujets.  Les mots de citoyen, de civisme, de constitution émaillaient ses discours. Il lui échappait d'attaquer ses prédécesseurs. De plus, l'assistance était plus mêlée et cependant plus clairsemée qu'autrefois : des personnes ferventes ne paraissaient plus aux offices publics - où allaient-elles donc а la messe le dimanche? - Certaines, au contraire, étaient là, aux places de choix, qui, auparavant, ne fréquentaient guère l'église. Catherine conçut des craintes, dont elle s'ouvrit а sa mère.

Sur les entrefaites, les Vianney reçurent la visite d'une parente d'Écully. « Ah ! mes amis, que faites-vous? leur dit-elle en apprenant qu'ils allaient à la messe du jureur. Les bons prêtres ont refusé le serment. Ils sont chassés, persécutés, obligés de fuir. Heureusement, à Écully, il y en a qui sont restés parmi nous. C'est à ceux-là qu'il faut vous adresser. Votre curé nouveau s'est séparé par son serment de l'Église catholique: il n'est pas votre pasteur; vous ne pouvez pas le suivre. »

Mise comme hors d'elle-même par cette révélation, la mère ne craignit pas d'aborder le malheureux prêtre et de lui reprocher son divorce d'avec la véritable Église.  Lui rappelant l'évangile où il est écrit que la branche détachée de la vigne sera jetée au feu, elle l'amena à cet aveu : « C'est vrai, Madame, le cep vaut mieux que le sarment. »           
    
Marie Vianney dut expliquer aux siens la faute de ce malheureux prêtre; car il est conté que le petit Jean-Marie « montra son horreur pour le péché du jour où il se mit à fuir le curé assermenté. »   Dès lors aussi l'église paroissiale, reliquaire de tant de chers souvenirs, où les parents s'étaient mariés, où les enfants avaient été baptisés, cessa d'être pour la famille Vianney un rendez-vous de prière. Elle ne tardera pas d'ailleurs à être fermée.

Cependant les jours de persécution sanglante étaient venus. Tout prêtre ayant refusé le serment s'expose а être arrêté et exécuté, sans recours possible, dans les vingt-quatre heures. Quiconque dénoncera le proscrit recevra cent livres de récompense. Quiconque, au contraire, lui donnera asile sera déporté. Ainsi parlent les lois des 24 avril, 17 septembre et 20 octobre 1793.  Malgré ces menaces terribles, les prêtres fidèles sillonnaient les environs de Dardilly, et la maison des Vianney les cacha l'un après l'autre. Quelquefois même ils y célébrèrent la messe. C'est un miracle que le fermier, suspecté par quelques jacobins du cru, n'ait pas payé de sa tête son audace sainte . Mais c'est à Lyon même ou dans sa banlieue que les confesseurs de la foi reçurent le plus souvent asile.

Des messagers sûrs envoyés d'Écully passaient à certains jours dans les maisons catholiques. Ils indiquaient la retraite où, la nuit suivante, seraient célébrés les divins mystères. Les Vianney partaient le soir, sans bruit, et ils marchaient parfois longtemps dans les ténèbres. Jean-Marie, tout heureux d'aller à cette fête, allongeait vaillamment ses petites jambes.  Ses frères et ses sœurs murmuraient quelquefois, trouvant la distance exagérée; mais leur mère leur disait: « Imitez donc Jean-Marie qui  est toujours empressé ! »

Arrivés à l'endroit convenu, on les introduisait dans une grange ou dans une chambre retirée, éclairée à peine. Près d'une pauvre table priait un inconnu, aux traits fatigués, au suave sourire.  Les mains accueillantes, il s'avançait vers les nouveaux venus.  Puis dans l'angle le plus reculé s'échangeaient des confidences. Derrière un rideau de fortune, à voix très basse, le bon prêtre conseillait, rassurait, absolvait les consciences. Quelquefois aussi  de jeunes fiancés demandaient qu'on bénît leur mariage. Enfin, c'était la messe, la messe tant désirée des grands et des petits.  Le prêtre disposait sur la table l'ardoise consacrée qu'il avait apportée avec lui, le missel, le calice et plusieurs hosties, car il ne serait pas seul à communier cette nuit-là ; il se revêtait à la hâte de ses ornements plissés et ternis. Puis, au milieu d'un silence profond, il commençait les prières liturgiques: Je monterai à l'autel du Seigneur. Quelle ferveur dans sa voix, et dans l'assistance, quel recueillement, quelle émotion ! Souvent au murmure des paroles saintes se mêlait le bruit des sanglots. On eût dit une messe des catacombes, avant l'arrestation et le martyre.

Combien fut remuée, en ces minutes inoubliables, l'âme du petit Vianney ! Agenouillé entre sa mère et ses sœurs, il priait comme un ange; il pleurait d'entendre pleurer. Puis avec quelle attention il écoutait, sans tout comprendre, les graves enseignements de ce proscrit qui risquait sa tête pour l’amour des âmes !

(…)

La Convention avait pensé détruire tout culte divin en fermant les églises; mais elle n'avait pu supprimer une des manifestations les plus touchantes de la religion: la charité. Dans la famille Vianney elle continua de fleurir. C'était une vertu héritée des aïeux. Et l'apôtre de cette vertu toute divine, ce fut justement notre jeune saint.

Un de ses camarades de Dardilly, André Provin, l'a vu dirigeant vers la maison des pauvres son petit âne gris chargé de bois. Jean-Marie rayonnait. « Mets deux ou trois bûches, » lui disait d'abord son père, puis il ajoutait: « Mets-en tant que tu pourras. »

Quant aux malheureux errants, sans feu ni lieu, ils trouvaient facilement asile à Dardilly. Les Vincent - parents de Marion - et les Vianney avaient conclu un arrangement qui montre leur bonne entente et surtout leurs sentiments délicatement chrétiens: les Vincent accueillaient les femmes indigentes ; les hommes devaient s'adresser aux Vianney. Jean-Marie indiquait aux mendiants la maison paternelle. Certains de ces pauvres, toujours à pied, avaient avec eux de petits enfants. Touché jusqu'aux larmes de les voir si malheureux, Jean-Marie prenait ces innocents par la main et, dès l'entrée, il les recommandait à sa mère.  A l'un il fallait des sabots, à l'autre une veste, un pantalon, une chemise. Mme Vianney se laissait toucher, et son petit garçon, le cœur en joie, voyait sortir les cadeaux désirés des flancs de la haute armoire.  Les pauvres s'asseyaient à la table avec les maîtres, et ils étaient les premiers servis.  Un soir, la Providence adressa aux Vianney jusqu'à vingt convives de cette sorte.
« Il n’y a plus assez de bouillon pour tous, disait quelquefois la fermière à son mari.
-Et bien, je m’en passerai, » répliquait le brave homme.
Le Curé d’Ars par Mgr Trochu (p 14 à 26 )


Résolution

Ne recherchons-nous pas l'assistance à la Sainte Messe pour nous, plutôt que pour rendre le culte d'adoration à Dieu ?  Ces familles ont refusé d'assister à ces messes des prêtres jureurs (sans doute valides) car celles-ci ne plaisaient pas à Dieu par l'intention manifestée par le célébrant en prêtant le serment constitutionnel. 

Et leur charité envers le prochain n'a fait que croître ... 

mardi 11 décembre 2018

DÉCEMBRE 2018

Noël approche, le Nouvel An et l'heure des bilans ... 


A Noël, Dieu se donne gratuitement, nous devons faire de même.   C'est peut-être le bon moment d'écouter, ou ré-écouter, et méditer ce sermon de Monsieur l'abbé Pivert sur la vertu de Gratitude ( IIa-IIae, Q 106-107)







Résolution

Ne sommes-nous pas contaminés par cet esprit utilitariste ?  Rendons-nous au moins la déférence et l'honneur dus à  nos bienfaiteurs ?  Savons-nous donner gratuitement et recevoir avec le sourire ? 

"N'ayez aucune dette sinon celle de l'amour mutuel" (Rm 13, 8)

Télécharger les questions 106 et 107 de la Somme Théologique

lundi 5 novembre 2018

NOVEMBRE 2018


Inséparable de la vérité est la charité héroïque.  


Baiser de Judas (Giotto)

Une vie qui veut être dans la lumière de Dieu ne peut que tendre à une charité où l'on se perde totalement car la lumière c'est que Dieu est amour et miséricorde: « Notre Père qui êtes aux cieux ... ».  Il importe de bien voir que la charité de Jésus est héroïque et d'écarter décidément ces images douceâtres d'un Messie vaguement idéaliste. Le Christ, le Fils du Dieu vivant est « celui que le Père aime parce qu'il donne sa vie pour ses brebis; nul ne la lui prend, mais il la donne de lui-même. » Il est celui dont l'amour pour le Père éclate dans les tourments de la Passion: « Père si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que ta volonté soit faite et non la mienne ... Entre tes mains, je remets mon esprit. » Si l'héroïsme consiste à faire bon marché de sa vie pour l'immoler à des valeurs supérieures comment un tel amour du Christ pour son Père ne serait-il pas ineffablement héroïque?  Il en est de même de son amour pour nous, ses frères. Il savait ce qu'il y a dans l'homme (et dans l'humanité), il n'avait pas besoin qu'on lui en rendît témoignage. Or, lui, qui savait cela mieux que nul connaisseur de l'homme, n'a méprisé personne et pas même Judas, le traître: « Mon ami, avec ce que tu viens de faire ... ».  A vrai dire, le Christ aime les hommes bien au-delà de leur qualité humaine, bien plus profondément, jusqu'à ce fonds mystérieux où les plus nobles et les meilleurs comme les plus médiocres et les plus vils sont encore infiniment distants de Dieu. Il les aime à cette profondeur dernière où le péché les sépare de Dieu et où la grâce peut les rejoindre à Dieu.




Et, pour qu'arrive cette divinisation, il s'offre en sacrifice se livrant au supplice des esclaves. « Il n'est pas plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ... Le pain que je donnerai c'est ma chair pour la vie du monde ...Ceci est le calice de mon sang répandu pour vous et pour la multitude. » On comprend après cela que Jésus demande de nous semblable héroïsme dans l'amour du Père céleste et du prochain: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait... » ; «Ne pardonnez pas seulement sept fois, mais soixante- dix-sept fois sept fois ... ». Saint Jean, qui avait compris la leçon, écrivait tout uniment: « A cela nous avons connu l'amour de Dieu qu'il a donné sa vie pour nous; et nous aussi nous devons la donner pour nos frères. » Non pas bienveillance vague qui, pour avoir la force de sourire platement aux êtres, évite de les voir comme ils sont, mais charité héroïque qui, sachant que tous les hommes sont de pauvres pécheurs, les aime assez  pour se sacrifier d'une manière ou d'une autre, afin que leur nature soit recréée dans la grâce.

R.P. Calmel : Selon l'Evangile (p 24 à 26)

Résolution

A méditer pour grandir réellement dans la Charité.  Nous pouvons prendre la résolution  de poser au cours de ce mois quelques actes de Charité (prières en particulier) à l’égard de ceux dont nous percevons une plus grande misère morale, pour que le Bon Dieu les recréé dans sa grâce.

mercredi 5 septembre 2018

SEPTEMBRE 2018




Ce 23 septembre marquera le cinquantième anniversaire de la mort de Padre Pio.  Demandons-lui encore une fois de nous guider dans la voie de la Charité.  Comme les abeilles butinant de fleur en fleur pour y trouver ce qui leur convient, que chacun d'entre nous tire de ses avis ce qui l'aidera à croître en Charité !

"Lien de la perfection"

« La charité est patiente, la charité est serviable; elle n’est  pas envieuse; la charité n’est ni fanfaronne ni hautaine; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne garde pas rancune du mal; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. »  (Corinthiens (13, 4-7))

Padre Pio enseignait naturellement aux âmes qu'il guidait sur le chemin de la perfection l'observance et l'exercice des trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, tout en privilégiant cette dernière :  

Grandissez toujours et ne vous lassez jamais de progresser dans la conquête de la reine de toutes les vertus : la charité chrétienne. Considérez qu'on ne grandit jamais assez dans cette très belle vertu. Chérissez-la grandement, plus encore que les pupilles de vos yeux, car elle est la plus chère à notre Divin Maître et, d'un mot divin, il l'appelle mon commandement. Oh ! Oui, tenons ce précepte du Divin Maître en grande estime et toutes les difficultés seront surmontées. Elle est tellement belle la vertu de la charité, ô Raffaelina, que le Fils de Dieu, pour l'allumer en nos cœurs précisément, voulut lui-même descendre du sein de son Père éternel et devenir semblable à nous pour nous l'enseigner et nous aider à acquérir cette vertu délectable, par les moyens qu'il nous a laissés (A Raffaelina Cerase).


La première vertu dont l'âme qui tend à la perfection a besoin est la charité. Dans toutes les choses naturelles, le premier mouvement, la première inclination, le premier élan, c'est de tenir, d'aller au centre : c'est une loi physique. Il en va de même pour les choses surnaturelles.  Le premier mouvement de notre cœur est celui d'aller à Dieu, qui n'est rien d'autre que d'aimer son vrai bien. À juste titre, les Saintes Écritures qualifient la charité de « lien de perfection ».

La charité a pour sœurs la joie et la paix. La joie naît de la jouissance de posséder ce que l'on aime. À partir du moment où l'âme connaît Dieu, elle est naturellement poussée à l'aimer. Si l'âme suit cet élan naturel, qui est excité par l'Esprit Saint, elle aime déjà le Bien Suprême.  Alors cette âme fortunée est déjà en possession de la belle vertu de charité. Ainsi, en aimant Dieu, elle est déjà sûre de le posséder car il ne se produit pas ici la même chose que pour celui qui aime l'argent, les honneurs, la santé et qui n'a pas toujours ce qu'il aime. Celui qui aime Dieu l'a tout de suite. Ceci n'est pas une idée de mon esprit. C'est l'Écriture Sainte qui nous le dit : Celui qui aime vit en Dieu et Dieu vit en lui ... Donc la joie est fille de la charité. Mais pour être parfaite et vraie, cette joie exige d'avoir la paix pour compagne inséparable. Cette dernière se produit en nous quand le bien que nous possédons est sûr et suprême (A Raffaelina Cerase).

"Joie et Paix, sœurs de la Charité"

Sache aussi, ma fille, que la charité comporte trois parties: l'amour de Dieu, l'affection pour soi et l'amour du prochain. Mes pauvres instructions te mettent sur la route pour pratiquer tout ceci.

a) Durant la journée, jette souvent tout ton cœur, ton esprit et ta pensée en Dieu avec une grande confiance, et dis-lui avec prophète royal : Seigneur, je suis à toi, sauve-moi.  Ne te préoccupe pas de considérer quelle sorte d'oraison Dieu te donne. Mais suis simplement et humblement sa grâce, dans l'affection que tu dois avoir pour toi-même.

b) Garde bien les yeux ouverts, sans jamais te lasser, sur tes mauvais penchants pour les éradiquer. N'aie pas peur de te voir misérable et de mauvaise humeur. Pense à ton cœur avec un grand désir de le perfectionner. Mets un soin inlassable à le redresser doucement et avec  amour quand il trébuchera. Surtout donne-toi la peine, plus que tu le peux, de fortifier la partie supérieure de ton âme. Ce n'est pas en restant  dans tes sentiments et tes consolations, mais à travers les résolutions, les bons propos et les aspirations que la foi et la raison t'inspireront.  Ô ma fille, ne sois pas tendre avec toi-même. Les mères tendres gâtent  leurs enfants. Ne te plains pas et ne pleure pas trop facilement sur toi- même. Ne t'étonne pas de ces importunités et violences que tu manifestes avec tant de peine. Non, ma fille, ne t'étonne pas. Dieu le permet pour te rendre humble d'une véritable humilité, abjecte et vile à tes yeux.

c) Sois bonne-avec le prochain et ne te mets pas en colère. Dans ces circonstances, répète très souvent les paroles du Maître: « Je les aime mes prochains, Père Éternel, car tu les aimes. Tu me les as donnés  comme frères et tu veux que, comme tu les aimes, moi aussi je les aime» (A Erminia Gargani).


Oh ! La belle vertu de la charité que nous a apportée le Fils de Dieu! Qu'elle est sublime! Tous doivent l'avoir à cœur, mais plus encore ceux qui font profession de sainteté.  Le Seigneur vous y a appelée sans aucun mérite de votre part. Et même si je vous vois marcher sur le bon chemin de la charité, je ne cesse pas cependant d'insister pour que vous y progressiez toujours plus (A Raffaelina Cerase).


Votre unique pensée doit être d'aimer Dieu et de croître toujours davantage en vertu et dans la sainte charité qui est le lien de la perfection  chrétienne (A Raffaelina Cerase).

(Extraits de :  L’évangile du Padre Pio p 202 à 204 )

lundi 30 juillet 2018

AOÛT 2018


 La conformité entre l’homme et l’autre est telle que quand ils ne s’aiment pas, ils se séparent de leur propre nature.

Ste Catherine de Sienne
Oraison 17


Vers la fin de Complies, je Lui dis: «Mon Dieu, est-ce Vous?  Mon Père dit que peut-être ce n'est pas Vous; et si c'est Vous, pourquoi venez-Vous à une pauvre  créature de misère telle que je suis? ». Il m'a répondu en achevant de m'enlever à Lui; puis faisant entendre à mon âme sa très douce voix, Jésus m'a dit: « Je souffre de la haine! ». Cette courte parole, comme toutes celles de mon divin Maître, contenait tout un monde de pensées, qui se sont imprimées en un seul moment dans mon esprit, mais que je ne puis rendre que par un grand nombre de mots, et encore très incomplètement. Je vis dans cette parole que la haine est l'opposé absolu de Dieu, que c'est son unique ennemi, et le plus grand mal de la créature. La haine de l'homme a deux formes: la haine de l'homme pour Dieu; la haine de l'homme pour les autres hommes. L'une ou l'autre de ces formes de la haine est une épouvantable offense à l'Etre de Dieu qui est Amour.  
La haine, c'est comme une négation de Dieu-Amour; c'est une manière d'anéantir Dieu; ou plutôt, c'est un désir, une tentative, un effort fait pour anéantir Dieu, l'Amour Infini.
Je n'ai pas pu retenir mes larmes en considérant cela. Alors Jésus m'a dit: «Je veux vaincre la haine par l'Amour; j'enverrai mes prêtres le répandre par toute la terre. Je leur ai donné mon Cœur afin qu'ils voient les trésors d'amour qui sont en Dieu et qu'après y avoir puisé pour eux-mêmes, ils y puisent aussi pour le monde. Dis-leur d'aller répandre partout les trésors de l'Amour! ».
Jésus m'a montré qu'Il voulait voir ses prêtres remplis d'amour pour les âmes, se pencher vers elles et les réchauffer par leur contact. Mais que je souffre quand Jésus me fait entendre cette parole: «Dis-leur ». Moi qui ne peux rien dire! J'ai dit à mon divin Maître: «Mon Jésus, comment le dirai-je? Mon Père lui-même ne me croit plus! ». Il ne m'a plus rien répondu. Le rayonnement divin de l'Amour Infini m'enveloppait toute; je suis restée jusque vers la fin de l'oraison à adorer, à aimer, à souffrir.

Journal intime
LM Claret de la Touche
p  145
Résolution
La haine n’occupe-t-elle pas une place, plus ou moins cachée, en nous ?  Recherchons-la et chassons-la !  Ce que Noter-Seigneur attend des prêtres, Il le veut aussi de nous !

samedi 5 mai 2018

MAI 2018

C’est plus principalement par la charité que nous méritons, que par les autres vertus. 


Celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui. (Jo., XV, 14.) Or, c'est dans la vision manifeste de Dieu que consiste la vie éternelle; selon ce que dit le Christ, en saint Jean (XVII, 3) : La vie éternelle, c'est qu'ils vous connaissent, vous le seul Dieu véritable et vivant. C'est donc surtout la charité qui fait le mérite de la vie éternelle. 

L'acte humain prend sa valeur méritoire à deux sources: 
  1.  La décision divine par laquelle l'acte est dit méritoire de la fin, à laquelle l'homme est divinement ordonné. 
  2.  Le libre arbitre, par lequel, de préférence à toutes les autres créatures, l'homme agit volontairement de lui-même. 
Et, d'un côté comme de l'autre, la qualité principale du mérite consiste dans la charité. Il faut toujours se rappeler que la vie éternelle, c'est la jouissance de Dieu. Le mouvement de tendance à la jouissance du bien divin, c'est l'acte propre de la charité, et c'est ce mouvement qui donne à tous les actes des autres vertus leur tendance vers cette fin, en tant que c'est la charité qui en commande la production. Et c'est pourquoi le mérite relève, en première ligne, de la charité; et secondairement, des autres vertus, en tant que leurs actes sont produits, sous l'empire de la charité qui les fait faire. 

De même, il est évident que ce que nous faisons par amour, nous le faisons le plus volontiers. Par ce côté encore et pour autant qu'il est essentiellement requis pour le mérite qu'il soit volontaire, le mérite est principalement attribué à la charité. 

Mais, l'œuvre n'a pas toujours un mérite plus grand, de ce qu'elle est plus laborieuse et plus difficile, Une œuvre peut être laborieuse et difficile à deux titres: 

  • l'un, à cause de l'importance de l' œuvre; et, dans ce cas, la grandeur du travail en augmente le mérite, parce que l'amour de charité, bien qu'il accomplisse les choses effroyables et dures, comme si c'était des choses faciles et de rien, n'en diminue pas la difficulté; et que, bien au contraire, il fasse entreprendre les Choses les plus grandes: comme dit saint Grégoire, « si c'est la charité qui est là, elle fait grand ». 
  • L'autre titre de labeur d'une œuvre et de sa difficulté peut tenir à un manque, du côté de celui qui agit. Tout est laborieux et difficile à celui qui n'agit point par une volonté prompte, et le mérite est diminué par ce travail, que la charité abolit. 

Les actes les plus méritoires sont les actes de foi et de patience ou de force, comme chez les martyrs qui, pour la foi, ont combattu patiemment et fortement jusqu'à la mort. Mais, 1'acte de foi n'est méritoire que si la foi opère par l'amour; il en est de même des actes de patience et de force, si on ne les fait point par l'amour de charité, selon ce que dit saint Paul (1 Cor., XIII, 3) : Quand je livrerais mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. 

D'après Saint Thomas d'Aquin

Résolution

Dans ces circonstances de crise dans l'Eglise qui nécessitent tant de patience, de force et de combat, mettons-nous librement en oeuvre la Charité qui nous fera gagner de grandes grâces ?  Avons-nous la Charité suffisante pour œuvrer librement et promptement, pour agir charitablement dans la crise actuelle ? 

mardi 3 avril 2018

AVRIL 2018

De la manière d'éclairer le prochain





Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s’était passé. 
Or, tandis qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul, de tous ceux qui étaient à Jérusalem, à ignorer les événements de ces jours-ci. »

Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu’elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

Il leur dit alors : « Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre coeur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ! » Et, en partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route, et qu’il nous faisait comprendre les Écritures ? » 

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C’est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain.


Luc 24, 13-35

Résolution

Notre-Seigneur nous donne ici la manière de venir en aide aux autres, de les éclairer, de les consoler en ouvrant leurs âmes à la Vérité.  Examinons-nous sur la manière dont nous nous y prenons pour aider les autres.