mercredi 12 juillet 2023

Juillet 2023

La Charité, tourment d'amour.

Sainte Marie-Madeleine
notre modèle de recueillement pour ce mois de juillet

L'Esprit-Saint Se charge d'ailleurs de nous apprendre Lui-même à progresser, pour peu que nous soyons fidèles à répondre aux moindres de Ses indications. Peu à peu et à Son heure Il fait naître en nos cœurs un tourment d'amour qui transforme complètement l’allure de notre vie intérieure et lui donne une valeur bien différente. Nous ne sommes plus guère exposés alors à nous arrêter aux consolations que Dieu nous accorde ou à songer à notre propre sanctification plutôt qu'à la gloire de Dieu. Tout notre être est animé d'une ardeur secrète, d'un zèle passionné pour le salut des âmes.

C'est généralement dans le silence de la vie d'oraison que ce tourment d'amour commence d'une façon paisible et s'intensifie sans cesse davantage. Nous entrevoyons par exemple à quel point la Passion peut être compromise si nous n'intervenons pas. Nous communions d'une façon très spéciale aux souffrances de Jésus.

Mais nous comprenons en même temps que compatir ne suffit pas. L'amour nous pousse à reproduire quelque chose des souffrances du Maître, du don qu'Il a fait de Lui-même aux hommes, et cela en nous « donnant » nous aussi, non pas en quelque occasion éclatante, mais dans le détail de chacune de nos journées. Nous Lui offrons ainsi toutes les délicatesses de notre amour affectif, qui sont une de nos plus belles richesses, en y joignant le complément normal et indispensable d'un amour effectif de tous les instants.

Il n'est plus question de discuter l'expression de la volonté de Dieu et de Son Bon Plaisir quel qu'il soit. Toutes les épreuves qui se présentent, les souffrances aussi bien physiques que morales, nous apparaissent comme une occasion providentielle de prouver à Dieu notre amour. Nous oubliant toujours davantage, nous ne songeons plus qu'à agir avec plus d'amour, qu'à aimer au maximum avec une délicatesse sans cesse plus en éveil.

Nous avons un vrai désir d'éviter bien des petites omissions qui sont en réalité des résistances à la grâce. Par de brefs appels ou de rapides lumières intérieures, l'amour nous sollicite fréquemment. Faire la sourde oreille devient une chose grave pour une âme aimante. Si volontairement nous refusons de retenir un regard, une parole, un signe, alors que nous percevons nettement que le sacrifice nous en est demandé, c'est une âme que nous refusons de sauver.  Jésus attendait de nous cette offrande pour lui octroyer une grâce peut-être décisive pour son salut.

Mais l'amour nous poursuit sans cesse et nous presse de multiplier les marques positives de notre délicatesse. Chaque fois que nous nous apercevons qu'une petite infidélité nous a échappé, aussitôt nous voulons la réparer au moins au double. Nous ne laissons passer aucun des points que nous recommande notre Règle ou qui sont dans la ligne de notre devoir d'état.

L'Esprit-Saint Lui-même nous fournit l'occasion de prouver notre générosité. Il nous fait pressentir les exigences toujours plus profondes de l'amour. L'âme aimante est sans cesse attentive et reconnaît aussitôt la voix qui la sollicite: « Parlez, Seigneur, votre serviteur écoute. »

Nous sommes ainsi toujours prêts à répondre dès que Jésus nous fait comprendre qu'une âme a besoin de notre aide. Nous sommes continuellement aux aguets pour rivaliser d'amour et essayer de prévenir les moindres désirs de Celui qui veut nous associer si intimement à Son œuvre rédemptrice.

Dom Godefroid BELORGEY

Dieu nous aime (p170 à 173)

 

Résolution :

En ce temps de vacances, prenons plus de temps pour « le silence de la vie d'oraison », source indispensable de la Charité qui pourra rayonner autour de nous.